Patrouille polaire pour la frégate La Motte-Picquet dans le Grand Nord

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En mission depuis plus d’un mois, la frégate anti-sous-marine (FASM) La Motte-Picquet poursuit son déploiement opérationnel dans le Grand Nord. Le 14 février, après avoir participé à une série d’exercices de l’OTAN à dominante anti-sous-marine au large des côtes norvégiennes, la frégate a entamé une patrouille opérationnelle au-delà du cercle polaire afin d’améliorer sa connaissance de cette région stratégique. Les rencontres à la mer avec les Marines alliées de la région constituent, à cette occasion, de belles opportunités d’échange et d’entrainement. En effet, après les frégates norvégiennes Otto Sverdrup et Thor Heyerdahl, c’est la frégate danoise Thetis que la frégate la Motte-Picquet devrait retrouver prochainement dans les îles Féroé.

Après une escale de quelques jours à Akureyri, capitale du Nord et 2e ville de l’Islande, la Motte-Picquet poursuit actuellement sa mission dans les eaux glaciales de la mer du Groenland en direction de la Norvège.

La navigation en période hivernale dans les hautes latitudes est exigeante pour le bateau et pour l’équipage et requiert une vigilance de tous les instants. L’équipage est confronté à des conditions climatiques particulièrement rigoureuses avec des températures souvent négatives, des vents polaires pouvant atteindre 70 nœuds sous grains et des chutes de neige importantes pouvant réduire brutalement la visibilité. Ces conditions difficiles rendent les manœuvres aéronautiques et la mise en œuvre du sonar remorqué particulièrement délicates. Elles permettent cependant aux marins du bâtiment de s’aguerrir et d’adapter leurs méthodes de travail à un environnement hostile et peu habituel.

La frégate La Motte-Picquet et le chasseur de mines Croix du Sud s’entrainent en mer Baltique

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Plus de 40 bâtiments, 17 nations, 3 000 marins et 5 hélicoptères embarqués.

Pendant presque deux semaines, du 6 au 18 septembre 2019, les marines alliées se sont entraînées en mer Baltique dans le cadre d’un scénario créé de toutes pièces. La Task Force 356 a été constituée dans le cadre de l’exercice « NOCO19 », Northern Coasts 2019. L’exercice international était organisé par l’Allemagne et a rassemblé les pays alliés de la zone (Allemagne, Belgique, Danemark, Estonie, Finlande, France, Lettonie, Lituanie, Norvège, Pays-Bas, Pologne et Suède).

L’objectif était double : opérer en task force constituée dans une zone littorale aux espaces contraints et fréquentés et s’entraîner dans le domaine multi-luttes. In fine, NOCO19 a permis d’améliorer l’interopérabilité et la coopération entre les pays alliés autour de la mer Baltique.

Pour NOCO19, le chasseur de mines Croix du Sud était intégré au Task Unit (TU) 356.02.01, force maritime constituée principalement de 8 chasseurs de mines du SNMCMG1 (Standing NATO Mine Counter Measures Group One). La mission de cette force spécialisée dans la guerre des mines est de détecter puis de neutraliser les mines dans les couloirs de navigation, permettant ainsi le passage en toute sécurité des convois maritimes.

La Croix du Sud a participé à la réussite de la mission en trouvant six mines et en effectuant la neutralisation d’une mine historique de la Seconde Guerre mondiale de 490 kg.

Pendant cet exercice international, le vice-amiral d’escadre Jean-Louis Lozier s’est rendu à Rostock, en Allemagne, du 10 au 11 septembre, en sa qualité de commandant de la zone maritime Atlantique. Invité par le vice-amiral Andreas Krause, chef d’état-major de la marine allemande, le vice-amiral d’escadre Jean-Louis Lozier a pu échanger durant ces deux jours avec différentes autorités des marines européennes et étrangères, réaffirmant ainsi nos liens forts d’amitié et de coopération entre puissance alliées.

La mer Baltique est devenue un espace aux enjeux stratégiques majeurs pour la France et l’Europe. Près de 200 000 ressortissants français vivent aujourd’hui dans cette zone de l’Europe du Nord. La France a renforcé significativement sa présence dans la région depuis 2014, en contribuant notamment activement aux mesures de réassurance de l’OTAN. Ses trois composantes militaires sont aujourd’hui engagées en Baltique : présence avancée renforcée (eFP), missions de police du ciel et déploiement régulier de bâtiments de surface et d’avions de patrouille maritime.

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2 mai 1781

Prise du convoi anglais de Saint-Eustache. La Motte-Picquet appareille de Brest le 24 avril, avec six navires de ligne, pour intercepter le convoi qui rapporte en Grande-Bretagne le butin du pillage par l’amiral Rodney de la riche colonie hollandaise de Saint-Eustache, aux Antilles. Le 2 mai, au large des Scilly, apercevant les Français, le commodore Hotham, qui commande l’escorte, ordonne le « sauve qui peut » à toute sa flotte. La Motte-Picquet attaque et s’empare de plus d’une vingtaine de navires avec leurs cargaisons, des prises d’un montant de près de cinq millions de livres. La Motte-Picquet est félicité par le Roi et à Amsterdam, on compose des chansons à sa gloire.

DÉFENSE ET STRATÉGIE

États-Unis/Japon :

Le 26 avril, l’état-major de l’US Navy a désigné les deux bâtiments qui vont rejoindre les forces de la 7e flotte déployées au Japon, pour compenser le départ du destroyer USS Stethem de type Arleigh Burke et du navire d’assaut amphibie USS Wasp, qui doivent rejoindre les États-Unis pour des travaux de maintenance. Vont donc être affectés de manière permanente à la base navale de Sasebo (Japon), le navire d’assaut amphibie USS America ainsi que le transport de chalands de débarquement USS New Orleans de classe San Antonio, des bâtiments particulièrement adaptés aux enjeux du théâtre indo-pacifique (NavalToday).

Japon/Chine :

Le 7 avril, à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle base de l’armée de terre japonaise sur l’île de Miyakojima (située à 560 km des côtes chinoises), le ministre de la Défense japonais, M. Takeshi Iwaya, a confirmé l’installation l’an prochain de missiles de longue portée pour « contrer l’expansion maritime de Pékin ». Il a aussi annoncé le développement de missiles d’une portée encore plus grande (jusqu’à 1 000 km), pouvant atteindre le continent. Cette capacité suscite des débats, les Forces japonaises d’auto-défense étant constitutionnellement restreintes à une posture défensive (Asahi).

Japon/États-Unis :

Le 24 avril, l’US Navy a déployé une nouvelle équipe spécialisée pour les missions en eaux profondes à bord du DSCV Van Gogh, afin de localiser et repêcher les débris du F-35A japonais qui s’est écrasé en mer le 9 avril dernier, dans l’est du Japon. Pour ses recherches, cette équipe dispose d’un drone sous-marin de grande profondeur ainsi qu’un « détecteur de boîtes noires » TPL-25 capable de repérer des balises de localisation à plus de 6 000 mètres d’immersion (USNINews).

INDUSTRIE DE DÉFENSE

Le chantier naval de Yantar a lancé le 27 avril les travaux de réaménagement des deux frégates lance-missiles de la classe Grigorovich destinées à la marine indienne. La construction des frégates Admiral Butakov et Admiral Istonin, mises sur cale en 2013 et d’abord prévues pour la flotte russe de la Mer noire, avait été stoppée suite au refus de l’Ukraine de livrer à la Russie les turbines à gaz nécessaires. D’un déplacement de 3 600 tonnes, ces bâtiments sont équipés de missiles Kalibr et peuvent emporter un hélicoptère Helix Ka-31 (DefenseWorld).

La troisième et dernière unité de la classe Zumwalt, le destroyer lance-missiles Lyndon B. Johnson, a été baptisée lors d’une cérémonie aux chantiers navals Bath Iron Works dans le Maine. Mesurant 185 mètres de long pour un déplacement de 15 600 tonnes, ces navires sont dotés de 80 cellules de lancement vertical de missiles. Le Lyndon B. Johnson devrait être admis au service actif courant 2020. Il pourrait être le premier de son type à être équipé d’un canon électrique (NavyRecognition).

Les garde-côtes indiens ont admis au service actif le 26 avril le premier patrouilleur rapide Priyadarshini de la classe éponyme, construit localement par l’entreprise publique Garden Reach Shipbuilders and Engineers. Le contrat signé en mars 2016 prévoit la construction de cinq patrouilleurs rapides d’un déplacement de 300 tonnes et d’une vitesse maximum de 34 nœuds, ils sont destinés à des missions de police en mer, de lutte contre les trafics et de sauvetage (Jane’s360).

MARINE MARCHANDE ET DOMAINE MARITIME

Le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud en Australie a autorisé le 29 avril la construction du premier terminal gazier (avec regazéification de GNL via un FRSU) du pays à Port Kembla, à 100 km au sud de Sydney. Il s’agit de la première étape d’un plan national d’un ensemble de cinq terminaux similaires. Le coût du projet est estimé à 220 millions d’euros. Ce seul terminal pourrait assurer 70% des besoins en gaz de l’État de la Nouvelle-Galles du Sud (Reuters).

Le 14 avril, le plus grand navire hybride plug-in au monde, le Color Hybrid, a été lancé aux chantiers du constructeur Ulstein, en Norvège. Grâce à des batteries pouvant être rechargées en moins de 30 minutes à quai, sa propulsion électrique pourra être activée durant certaines phases de transit, pour réduire les émissions de pollution (à proximité des villes et des fjords, notamment). Mesurant 160 mètres de long pour 27 de large, il peut transporter jusqu’à 2 000 passagers. Sa livraison à l’armateur Color Line est prévue l’été prochain (MeretMarine).

La police du comté d’Essex, l’UK Maritime and Coastguard Agency (MCA) ainsi que la Royal National Lifeboat Institution (RNLI) vont utiliser pendant un an, à titre d’essai, des drones aériens lors de missions en conditions difficiles (zone dangereuse ou opération nocturne). Les résultats de ce premier test doivent permettre à la MCA et la RNLI de se prononcer sur l’intérêt de tels engins pour leurs activités de recherche et sauvetage (TheMaritimeExecutive).

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LES @MERS DU CESM

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18 décembre 1779 :

Bataille de la Martinique : trois contre treize. Durant la Guerre d’indépendance des États-Unis, un convoi marchand en route vers la Martinique est attaqué par treize navires britanniques basés à Sainte-Lucie. Pour offrir au convoi un abri sûr à Fort-de-France, La Motte-Picquet va bloquer, avec l’Annibal et l’appui de batteries côtières, l’entrée de la baie à la flotte ennemie. Il combat seul durant une heure avant d’être rejoint par le Réfléchi et le Vengeur. La ligne de défense française est infranchissable, les Britanniques se retirent au coucher du soleil et l’amiral Parker témoigne à La Motte-Picquet son estime pour son habileté au combat.

DÉFENSE ET STRATÉGIE

États-Unis/mer d’Arabie :

Le porte-avion américain USS John C. Stennis et le porte-hélicoptère d’assaut USS Essex ont été déployés du 12 au 15 décembre en mer d’Arabie dans le cadre d’exercices conjoints. Accompagnés notamment du destroyer USS Decatur et du croiseur lance-missile USS Mobile Bay, ils ont également participé à l’opération Freedom’s Sentinel en soutien aux forces américaines présentes en Afghanistan (UPI).

Chine/mer de Chine méridionale :

Tandis que la mer de Chine méridionale est au cœur de revendications territoriales entre les pays d’Asie du Sud-Est, la République populaire de Chine développe les partenariats énergétiques avec ses voisins pour accroître son influence. Ces dernières années, elle a en effet accordé des aides pour l’exploitation de gisements d’hydrocarbures aux Philippines et la reconversion économique au Brunei. En plus d’assoir sa présence dans la zone, la Chine sécurise ainsi des ressources énergétiques à portée de ses forces marines (TheDiplomat).

Chine/Israël/États-Unis :

Alors que le ministre israélien des transports avait signé en 2015 un accord d’exploitation du port de Haïfa, principale ville portuaire du pays, par l’entreprise Shanghai International Port Group, détenue en grande partie par l’État chinois, cet arrangement pourrait être remis en cause. La Sixième flotte des États-Unis, qui opère en Méditerranée, a en effet partagé ses inquiétudes concernant ce partenariat, qui devrait débuter en 2021, soulignant que des bâtiments américains font régulièrement escale dans ce port qui accueille également des exercices bilatéraux israélo-américains (WashingtonTimes).

Erratum aux @mers du 14 décembre : c’est bien l’amiral John Richardson (et non Nicholson), le CNO de l’US Navy, que le Chef d’état-major de la marine ukrainienne a rencontré à Washington.

INDUSTRIE DE DÉFENSE

L’US Navy a activé, le 14 décembre sur la base navale de Coronado, près de San Diego, la flottille embarquée de soutien logistique, la VRM 30 « Titans », qui sera équipée du convertible CMV-22B. Destiné aux missions de livraison à bord par avion (carrier onboard delivery), le CMV-22B dispose d’un rayon d’action et d’une charge utile en cargaison/personnel accrus au regard du C-2A Greyhound, actuellement en service. Les premiers MV-22B devraient être déployés dès 2021 (USNINews).

Le gouvernement japonais a décidé de procéder à la modification des installations aviations des destroyers porte-hélicoptères de la classe Izumo. Ces derniers devront avoir la capacité de mettre en œuvre des chasseurs à décollage court et atterrissage vertical de type F-35B dans le cadre d’opérations exclusivement défensives. Dix-huit F-35B devraient être commandés dans le cadre du programme de défense nationale 2019-2023. Le renforcement des moyens de la force maritime d’auto-défense s’inscrit dans une période de  regain de tensions avec la Chine (JapanTimes).

Le Département d’État américain a commandé deux nouvelles frégates de la classe Independence auprès du chantier naval australien Austal. Neuf navires de cette classe ont déjà été livrés à l’US Navy et, ce nouveau contrat compris, dix autres unités le seront à l’horizon 2025. D’un déplacement de 2 300 tonnes, la classe Independence a des missions variées telles que la projection de puissance, l’aide humanitaire et la sécurité maritime (NavalToday).

Pour aller plus loin :

L’aéronautique navale russe est aujourd’hui engagée dans la modernisation de ses moyens aériens. La rénovation de ses avion anciens et l’arrivée d’appareils de nouvelles générations devraient lui permettre de mener à bien l’ensemble de ses missions de défense aérienne, patrouille maritime ou encore lutte anti-sous-marine. Débuté en 2018, ce processus de modernisation devrait se poursuivre jusqu’en 2050, bien que des questions subsistent sur sa mise en œuvre effective (Redsamovar). 

MARINE MARCHANDE ET DOMAINE MARITIME

Le terminal CSP Abu Dhabi, détenu à 90 % par l’entreprise chinoise Cosco Shipping Ports et à 10 % par l’opérateur national Abu Dhabi Ports, vient d’être inauguré aux Émirats arabes unis. D’une capacité de 1,5 millions d’EVP, ces installations devraient être pleinement opérationnelles au troisième trimestre 2019 (LAntenne).

Les enchères organisées par le BOEM (Bureau of Ocean Energy Management) pour l’attribution de zones dédiées à l’éolien en mer au large du Massachusetts ont été closes le 14 décembre dernier. À l’issue de 32 tours d’enchères répartis sur deux jours, les offres européennes ont remporté l’intégralité du marché, pour un montant record équivalent à 358 millions d’euros. L’entreprise norvégienne Equinor (ex-Statoil), le groupe MayflowerWind Energy, alliance des firmes anglo-néerlandaise Shell et du portugais EDP Renewables, et l’opérateur hispano-néerlandais Vineyard Wind ont chacun remporté une zone (LeMarin).

Plus de trois tonnes d’ivoire ont été saisies au Cambodge, au port de Phnom Penh, dans un conteneur en provenance du Mozambique. Conséquemment à la demande croissante en Chine et au Viêtnam, le Cambodge est devenu depuis quelques années une plaque tournante majeure du trafic d’animaux destiné à alimenter l’Asie depuis l’Afrique. En 2014 déjà, trois tonnes d’ivoire avaient été saisies à Sihanoukville (MaritimeExecutive).

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La frégate la Motte-Picquet franchi le cercle polaire Arctique

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Ayant appareillé de Brest le 24 octobre dernier pour faire route vers le Grand Nord, la frégate anti sous-marine La Motte-Picquet a franchi le cercle polaire Arctique début novembre.

La présence régulière d’une frégate de la Marine nationale dans ces hautes latitudes s’inscrit dans la fonction stratégique « connaissance et anticipation » et plus généralement dans le cadre de la politique nationale pour l’océan Arctique, particulièrement dynamique dans cette zone qui revêt un intérêt stratégique fort. Dans la continuité des déploiements précédents, la mission du La Motte-Picquet contribue aussi à approfondir les liens avec nos voisins du Nord.

C’est dans le cadre de ce déploiement que les marins ont pu toucher terre à Tromsöe (Norvège), après plusieurs jours de navigation dans une mer bien formée et plusieurs chenalages dans les fjords norvégiens. Tromsöe, a été la première escale du bâtiment après plus d’un an d’activités opérationnelles au large des côtes françaises et un arrêt technique majeur exigeant.

Menacé par le réchauffement climatique et la disparition progressive de la banquise, l’océan glacial Arctique risque de voir prochainement ses richesses minières, gazières et pétrolières exploitées, et les flux maritimes de facto s’intensifier. De plus en plus présente sur cette zone, notamment par les missions Grand Nord, la Marine nationale permet à la France de jouer « sa partition » dans une région du globe faisant l’objet d’un intérêt stratégique croissant.

EV1 Adelaide BONNET

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