Mission Jeanne d’arc 2021 – Plus de 3 mois de mer pour les officiers-élèves

Du 9 au 13 mai 2021, le groupe école Jeanne d’Arc a fait escale au Japon. Cette sixième escale de la mission a été de loin la plus emblématique pour les officiers-élèves : en plus de marquer la mi mission, c’est à Sasebo que leur spécialité leur a été attribuée, un tournant dans leur jeune carrière d’officiers de Marine.

Partis de Toulon le 18 février 2021, voilà plus de trois mois que les 146 officiers-élèves embarqués sur le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Tonnerre et la frégate type La Fayette (FLF) Surcouf naviguent et participent aux opérations de coopération internationale en océan Indien, en Asie et dans l’Océan Pacifique. Ces dernières sont diverses, allant des missions de souveraineté aux opérations de débarquement amphibie de grande ampleur, avec l’objectif de renforcer l’interopérabilité interarmées et interalliés dans un contexte géostratégique toujours plus complexe. En parallèle, une mission au long-court, visant à parfaire la formation des officiers élèves par une immersion de 5 mois au cœur des deux équipages. Pari réussi.

Une formation opérationnelle

C’est loin des bancs de l’Ecole navale que les officier-élèves mettent désormais en application toutes les connaissances engrangées pendant leurs années d’étude. « C’est la première fois, depuis le début de nos études, que nous sommes confrontés à une vraie mission et à des opérations » explique l’enseigne de vaisseau de deuxième classe (EV2) Damien. Durant les premiers mois de la mission, ils ont ainsi alterné cours magistraux « opérationnels », adaptés à leur cursus, (opérations, énergie ou commissariat) et intégration dans les services et postes de quart, participant, au fil des semaines, aux différentes opérations menées par le Task Group. Les instructeurs de l’école d’application des officiers de Marine (EAOM), en charge de leur formation, ont à cœur de donner, dès la fin de la mission Jeanne d’Arc, des officiers « prêts à l’emploi » dans les forces. S’appuyant sur les équipages du PHA et de la FLF, ils transmettent chaque jour leurs connaissances et leur savoir-faire aux élèves. En pratique, ils alternent des périodes d’environ deux semaines, permettant aux officiers-élèves de compléter leur bagage théorique dans un premier temps puis d’être formés aux différents postes de quart en passerelle de navigation, en machines, au central opérations ou en passerelle aviation la période suivante.

Ils prennent également part à la vie du bord dans les différents services pour appréhender leur futur métier d’officier en tant que capitaine de compagnie. « Avec le recul, je me rends compte que la quantité d’informations que l’on a pu apprendre depuis le début de la Jeanne est assez impressionnante. Nos connaissances opérationnelles n’ont rien à voir avec ce qu’elles étaient il y a trois mois. Le programme est bien sûr très dense mais l’alternance entre période de quart et période de cours est une vraie plus-value. » témoigne l’enseigne de vaisseau de première classe (EV1) Clément. Les opérations et exercices multilatéraux viennent ponctuer ce déploiement, apportant un caractère très concret et opérationnel à leur apprentissage, les plongeant également dans les opérations qu’ils mèneront, dès la fin de l’année, sur leur futur bâtiment d’affectation. L’EV1 Clément souligne d’ailleurs: «J’ai été particulièrement intéressé par notre coopération avec les marines étrangères, lors des exercices La Pérouse 21 ou ARC 21 : c’est une application concrète des missions opérationnelles de la Marine et démontre que le savoir-faire français est crédible à l’international. ». Cette année, l’intégration du Task Group 625.1 à la CTF150, sa participation à l’exercice multinational La Pérouse 21 ou encore son déploiement à terre comme en mer lors de l’exercice amphibie ARC21, auront été de formidables opportunités de mise en situation pour cette promotion d’officiers-élèves, et autant d’occasions d’affiner leur compréhension des enjeux de ces zones qui seront demain leur théâtre d’emploi. Par ailleurs malgré le contexte sanitaire actuel, des visioconférences sont organisées afin de leur apporter un éclairage sur ces régions d’importance stratégique, enrichissant leur compréhension des opérations et des exercices menés par le groupe Jeanne d’Arc.

Ouverture sur la deuxième partie de la mission : l’attribution des spécialités

La mission marque un tournant dans ce déploiement : c’est au Japon que les officiers-élèves de la promotion 2021 ont découvert leur spécialité. S’ils avaient été pré-dirigés dans un cursus, ils connaissent désormais leur spécialité d’emploi. Les élèves de la filière opérations seront donc « détecteurs » (lutte au-dessus de la surface), « lutte sous-marine », « aéronautique navale », « commandos Marine », « plongeurs démineurs », « canonniers » ou « système d’information et de communication » (SIC), en sous-marins ou sur bâtiment de surface; tandis que les élèves de la filière énergie seront orientés vers les bâtiments de surface (ENERG/SURF), les sous-marins (NUC/SOUM) ou le porte-avion nucléaire Charles de Gaulle (NUC/SURF). Pour l’EV1 Clément, ses deux premiers choix étaient sensiblement équivalents. C’est finalement son deuxième qui lui a été attribué : SIC/SURF. Malgré une « légère déception », il est heureux d’avoir été sélectionné pour une spécialité de surface, ces dernières « ayant toutes un socle commun ». L’EV2 Damien a quant à lui été retenu pour son premier choix de spécialité : DET/SURF. Passé le stress de cette première sélection, le soulagement général est palpable. Les officiers-élèves sont désormais fixés sur la suite de la mission : les escouades sont ré-agencées pour former les groupes de spécialité. Les cours, comme les tours de quart, prendront une toute autre dimension puisqu’ils « seront plus techniques » et traiteront davantage du « cœur de [leur] métier ». Certains d’entre eux prennent même un peu d’avance : déjà les rendez-vous de « lâcher chef du quart » sont pris avec le commandant du PHA Tonnerre, de quoi motiver le reste de la promotion à suivre cet exemple. Outre les objectifs de formation et d’immersion dans les opérations, la mission Jeanne d’Arc est une véritable transition dans la vie des officiers-élèves qui « clôture les années à l’Ecole navale et fait le lien entre l’école et l’affectation dans les forces ». Sa dimension humaine est tout aussi forte puisque trois promotions, jusque-là séparées, s’y rencontrent : les bordaches, les officiers sous contrat et les commissaires. Cette mission leur permet de « forger des amitiés fortes avec les officiers qui feront un jour partie de [leur] équipage. »

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