Le Beautemps-Beaupré opère dans le gouffre des démons de Djibouti

Après avoir appareillé de Djibouti le 22 avril 2021, l’équipage A du Bâtiment hydrographique et océanographique (BHO) Beautemps-Beaupré et le détachement du Groupe hydrographique et océanographique de l’Atlantique (GHOA) ont commencé les premiers travaux hydrographiques de son deuxième levé d’études générales de l’année 2021 (LEG 2.2021).

Après avoir travaillé sur le banc Arab, un haut-fond non cartographié 30 Nautiques à l’Est de la pointe du Héron, le BHO est entré, le samedi 24 avril, dans le Ghoubbet. Le Ghoubbet ou Ghoubbet al- Kharab, traduit comme « le Gouffre des Démons », est une anse djiboutienne à l’extrémité ouest du golfe de Tadjourah. À noter que le Ghoubbet communique avec le large par une passe étroite où le courant de marée est très fort. À proximité du lac Assal, les bordures de l’anse sont belles et très sauvages. Le Ghoubbet est en effet dominé par des montagnes volcaniques dénudées aux couleurs rouges, noires et jaunes. Jusqu’à récemment peu fréquenté par les navires, le Ghoubbet dispose désormais d’un port et d’infrastructures d’embarquement neufs qui vont revêtir une grande importance pour l’économie de Djibouti. Pendant plusieurs jours, l’équipage s’est lancé dans l’exploration hydrographique de cet endroit jusqu’alors faiblement connu. Cette opération s’est avérée délicate à plusieurs égards. Tout d’abord, le courant et le vent ont rendu la manœuvre de franchissement de la passe d’entrée difficile. De même, l’équipe passerelle et les hydrographes du GHOA ont rapidement été confrontés à un suivi de navigation reposant sur des bases manquant de fiabilité. En effet, les premières observations ont révélé que la cartographie actuelle de référence, en plus d’être peu précise, est géographiquement décalée de plusieurs centaines de mètres par rapport à l’environnement réel. Dans ces conditions périlleuses, la flotte hydrographique est souvent appelée à travailler afin d’acquérir toutes les données hydrographiques et océanographiques. Le recueil de ces données est nécessaire afin d’une part, de permettre la planification et la conduite d’opérations militaires et d’autre part, d’améliorer les produits disponibles tels que les cartes marines notamment. Les données recueillies permettant ainsi à tous les usagers de la mer de naviguer en sécurité. Les travaux dans le Ghoubbet et le golfe de Tadjura ont fait suite à des levés réalisés par l’équipage B dans le port d’Obock au mois de mars. Responsable cartographique historique de la région, le SHOM (service hydrographique national) doit adapter son portefeuille de cartes marines pour prendre en compte le développement croissant des activités portuaires. Comme à chaque fois que des levés sont réalisés dans les eaux sous juridiction d’un pays, leurs résultats sont partagés avec les autorités locales.

Le zéraq semaine 18

En l’espèce, ces travaux à forte valeur ajoutée permettent de consolider les relations déjà étroites et essentielles existantes entre la France et la République de Djibouti, qui se concrétisent par un traité de coopération en matière de défense.
Les travaux à proximité de Djibouti étant achevés, le Beautemps-Beaupré va désormais se diriger vers le golfe Arabo-Persique pour y poursuivre sa mission.

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