LES @MERS DU CESM

1er mai 1898 : Bataille de la baie de Manille.

En avril 1898, les États-Unis sont en guerre avec le royaume d’Espagne. Cette montée des tensions entre les deux pays est notamment liée à l’indépendance cubaine. Washington, dont la marine est plus récente et mieux entraînée que celle de Madrid, lance des offensives contre les colonies espagnoles des Caraïbes et du Pacifique, notamment les Philippines. Le commodore George Dewey, de l’US Navy, est à Hong Kong avec quatre croiseurs et deux canonnières lorsqu’il apprend que la guerre est déclarée. Son objectif est désormais de trouver et détruire la flotte espagnole des Philippines. Le 30 avril, il atteint l’île de Luçon et découvre l’escadre de l’amiral Patricio Montojo y Pasarón au mouillage dans la baie de Manille. C’est le lendemain matin, à 5h40, que la combat s’engage. La flotte américaine est plus moderne, mais surtout mieux protégée et équipée de 163 canons, dont beaucoup à tir rapide. Elle surclasse donc largement les 76 canons et les batteries côtières espagnoles. À 12h45, la flotte espagnole est coulée et les batteries côtières se sont rendues. La voie est ouverte à l’US Army et aux Marines – partis de San Francisco – pour commencer l’occupation des Philippines.

GÉOPOLITIQUE ET STRATÉGIE

Chine/Japon :

Le ministère des Ressources naturelles chinois publie une étude topographique sur les îles Senkaku/Diaoyu. Ce rapport renforce les revendications territoriales chinoises sur ces îles incorporées au Japon depuis 1895. La nouvelle loi chinoise sur les garde-côtes a en effet renforcé les tensions dans cette zone riche en ressources halieutiques, et qui pourrait abriter des ressources pétrolières. Le président Joe Biden a quant à lui soutenu la souveraineté du Japon sur les Senkaku/Diaoyu. Les deux pays envisagent par ailleurs de tenir des exercices militaires dans cette zone (SouthChinaMorning Post).

États-Unis/Iran :

La marine américaine a déclaré que l’un de ses navires avait tiré des coups de semonce en direction de trois vedettes rapides armées du Corps des Gardiens de la révolution islamique, après que ces dernières se soient fortement approchées de bâtiments américains. L’incident s’est déroulé dans les eaux internationales du golfe Arabo-persique. Le ministère iranien des Affaires étrangères n’a pas répondu à cette déclaration (Forbes). L’US Navy a publié les images d’un incident similaire au début du mois, entre deux navires des garde-côtes américains et le catamaran Shahid Nazeri du Corps des Gardiens de la révolution islamique. Le navire iranien est passé à grande vitesse à proximité des navires américains, obligeant ces derniers à manœuvrer pour éviter une collision (TheDrive).

Royaume-Uni :

La Royal Navy a annoncé qu’elle enverra le mois prochain un groupe aéronaval dans la zone indopacifique. Il sera centré autour du HMS Queen Elizabeth et comportera deux destroyers, deux frégates, un sous-marin nucléaire d’attaque et deux navires logistiques. Ce déploiement, qui durera 28 semaines, va permettre au groupe de « visiter » plus de 40 pays. Il lui permettra aussi de mener des exercices avec le porte-avions Charles de Gaulle en mer Méditerranée (SouthChinaMorningPost).

Iran/Russie/Soudan :

Selon des sources israéliennes, la Russie prévoit d’escorter des bâtiments – soupçonnés par les renseignements israéliens de transporter du pétrole et du matériel de guerre – depuis l’Iran vers les côtes syriennes via la mer Rouge et le canal de Suez, afin de décourager les actions clandestines contre ces bâtiments (BreakingDefense). Dans le même temps, le média émirien Al Arabiya affirme que le gouvernement soudanais a suspendu le projet d’implantation d’une base logistique russe sur sa côte, au bord de la mer Rouge. L’ambassade russe à Khartoum a Toutefois réfuté ces allégations (TheMoscowTimes).

INDUSTRIE DE DÉFENSE

Le 29 avril, Taïwan a mis en service un nouveau bâtiment pour sa garde côtière, le Chiayi. Avec un déplacement de 4 000 tonnes, le Chiayi est désormais le plus grand bâtiment des garde-côtes taïwanais. De fabrication domestique, il doit permettre d’assurer la défense du « territoire bleu de la République de Chine », selon la présidente Tsai Ing-wen. Le Chiayi fera probablement face aux navires de pêche et de dragage de sable de la République populaire de Chine, lesquels utilisent selon Taïwan des « grey-zone tactics » afin de soumettre l’île en la harcelant dans ses eaux territoriales (TheStraitsTimes).

La marine américaine a annoncé que les destroyers de classe Zumwalt seraient les premiers bâtiments à disposer d’ici 2025 de missiles hypersoniques.Certains supports de canon de 155 mm qui équipent actuellement les Zumwalt devraient être remplacés par une variante des systèmes MAC (Multiple All-up-round Canisters) capable de tirer ces nouveaux missiles. Les missiles hypersoniques devaient initialement équiper les sous-marins de classe Ohio (USNINews).

Thales a conclu la vente de 55 sonars aéroportés de lutte anti-sous-marine à l’entreprise Lockheed Martin. Ils équiperont les hélicoptères MH-60R de l’US Navy, ainsi que ceux des marines indienne, danoise et grecque, via le programme américain de ventes militaires à l’étranger. « Ce contrat renforce notre position de fournisseur stratégique », affirme le vice-président des activités sous-marines de Thales. La livraison de ces 55 systèmes aura lieu au cours des six prochaines années (Thales).

MARINE MARCHANDE ET DOMAINE MARITIME

La compagnie européenne MSC – numéro deux mondial du transport maritime conteneurisé –généralise son offre de pilote e-BL. Lors de ses expériences lancées en 2019, elle s’est appuyée sur la technologie des plateformes blockchain développées par la société Wave BL. La numérisation du secteur du transport maritime s’accélère avec la crise sanitaire, à cause des interruptions fréquentes des chaînes d’approvisionnement, mais sans emporter une franche adhésion pour le moment (Le journaldelaMarineMarchande).

Mardi 27 avril, une collision entre un tanker et un vraquier près du port de Qingdao (Chine) a entrainé un déversement de pétrole en mer Jaune. Cet incident serait dû à un épais brouillard ayant drastiquement réduit la visibilité dans la zone. Au total, c’est l’équivalent d’environ 3 420 barils qui auraient été déversés par accident. Par la suite, une douzaine de navires étaient à l’œuvre afin de participer aux travaux de dépollution (LeMarin).

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