Exercice zonal NRBC: l’exigence de l’intervention combinée

Les 8 et 9 octobre derniers a eu lieu à Nîmes (Gard) un entraînement interministériel zonal NRBC-E (Nucléaire, Radiologique, Biologique, Chimique – Explosifs) sous l’égide de l’Etat-major interministériel de zone de défense et de sécurité (EMIZDS) sud.

Les référents NRBC-E de l’arc toulonnais (CECMED, BASE NAVALE, LASEM, HIA SAINTE ANNE, PEM, FRMARFOR) ont été conviés en tant qu’observateurs à cet entraînement majeur qui a fait travailler de concert une vingtaine d’entités provenant de cinq ministères différents.

Après une première matinée de présentation et de formation théorique, l’après-midi a été consacré à la mise en place d‘ateliers de terrain couvrant l’ensemble du spectre d’une intervention NRBC-E sous menace balistique. Point de rassemblement des victimes, sas de décontamination (pour les intervenants et victimes impliqués), corridors d’extraction de blessés sous menace balistique ou encore déploiement d’un module mobile d’anthropogammamétrie ont ainsi permis d’appréhender dans le détail la complexité et les enjeux de telles interventions combinées entre forces de l’ordre et d’intervention d’une part et services de secours d’autre part.

Le lendemain, place au jeu dirigé, dont le scénario est le suivant :

Une bombe explose dans un autocar. Les rescapés, paniqués, fuient la zone. Tandis que des équipes de la brigade anti-criminalité (BAC) s’approchent du lieu de détonation, une patrouille du dispositif Sentinelle sécurise le périmètre et prend en charge les premières victimes valides.

Soudain, et alors que des échanges de tirs nourris ont lieu sur zone, les dosimètres opérationnels des militaires se mettent à sonner. Plus aucun doute possible : il s’agit d’une bombe sale visant à disséminer sur une large zone un contenu radioactif.

Sur place, le commandant des opérations de police/gendarmerie (COPG) et le commandant des opérations de secours (COS) coopèrent et gèrent cette situation de crise en fonction des priorités données par le préfet du Gard désigné directeur des opérations (DO). Très vite, les premières équipes arrivées sur zone s’organisent et prennent en charge du mieux que possible les blessés qui leur sont confiés. Victimes comme intervenants transitent du point de regroupement des victimes (PRV) vers le sas de décontamination des impliqués armé par les équipes de l’unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile. En fonction de leur état, ils sont ensuite dirigés vers les services adaptés du CHU de Nîmes. Un premier bilan humain fait toutefois très tôt ressortir que plusieurs occupants de l’autocar manquent à l’appel.

Le commandement sur zone, alerté par le SAMU d’une possible présentation spontanée de victimes à l’accueil des urgences des hôpitaux de la ville, a sollicité le renfort des pompiers de l’air avec leur moyen mobile de décontamination. Pour protéger les abords des installations et prévenir tout risque de sur-attentat, des équipes Sentinelle déployées en renfort assurent par ailleurs une surveillance continue.

En parallèle de cette prise en charge se déroule une autre prise…, d’otage celle-là ! Le COPG, en lien avec le commandant des opérations d’intervention et de sécurité (COIS), organise les renforts. Aidées par un drone équipé d’une caméra à imagerie thermique, les équipes spécialisées de la Police et de la Gendarmerie nationale, parmi lesquelles le GIGN, sont engagées pour neutraliser les assaillants. Elles assurent également la protection des équipes du groupe d’extraction du Bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM) en charge de l’évacuation des victimes. L’ensemble des intervenants évolue dans un environnement difficile en tenue NRBC avec équipements de protection balistique.

Les assaillants ne feront finalement pas le poids face à un tel déploiement de force. Une fois neutralisés, les dernières victimes impliquées sont à leur tour prises en charge mettant par là-même un terme à plusieurs heures de tension et d’incertitudes quant à l’issue de cet évènement.

Ce jeu dirigé, voulu très pédagogique, aura été riche d’enseignements. Ces derniers feront l’objet d’une analyse approfondie afin d’améliorer notre résilience et notre capacité de réponse face à un risque NRBC-E conséquent auquel nous nous devons d’être préparés.

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